Démarche artistique…………………………………………………….………………………………….louyze caro

Depuis toujours le mouvement dans l’espace de toutes les lumières m’habite rendant intrinsèques à ma démarche l’identité et l’altérité, ce qui est singulier et ce qui est partage, puisque créer, questionner, réfléchir, explorer c’est aussi chercher, trouver, le point d’équilibre ou de déséquilibre de soi, entre l’idée et le faire, entre l’intention et le vouloir, entre l’éphémère et la pérennité se matérialisant via des vecteurs se mouvant dans des limites délimitées et/ou l’illimité de ces mêmes limites, les unes comme les autres à établir, apprivoiser, repousser, pulvériser, créer — Ce moment de suspension où tout peut s’incliner, se déployer, chuter, sombrer ou s’élever tient à/sur…un pied, un fil…visible….ou….invisible

Parcours: alors que la danse classique m’a instruite, bercée, nourrie et disciplinée tout en moulant mon corps dans l’espace, les fils de toutes les matières, de toutes les textures et de toutes les lumières ont toujours été d’une attirance indicible — Aimantée et stimulée par tant d’émerveillements visuels et tactiles, l’achat de mon premier métier à tisser en 1975 fut le début d’une aventure fabuleuse qui se poursuit ; une passion exponentielle — Autodidacte, j’ai appris un fil à la fois — Que ce soit sur les quatre cadres d’un métier conventionnel et/ou mon seize cadres à double ensouple, rapidement j’ai exploré, et explore toujours, au-delà des traditionnels motifs, textures, et matériaux et/ou les incorporant telles des incrustations précieuses d’un savoir-faire aux possibles….illimités – L’ensouple additionnelle me permet de tisser des couches et textures individuelles reliées à une structure de base, à la manière d’une colonne vertébrale autour de laquelle s’articulent ces strates qui se déclinent dans l’opaque et/ou dans certaines translucidités — Elles s’envolent comme de grands oiseaux ou s’allient dans l’intimité de leur épaisseur, s’ouvrant ou se refermant comme les pages d’un livre

Dans mon atelier, l’aplat se fait rare, mes tissés en deux et trois dimensions se déploient et dansent tout en fraternisant de plus en plus avec la sculpture — L’exploration et l’utilisation de fils et/ou tiges souples et/ou rigides tels que : nylon, acrylique, métal, blés de mer, graminées, alliés au coton, lin, soie, bambou, ces matières intégrées à une technicité fondatrice autorisent des projets novateurs qui modifient les formatages conventionnellement associés aux tissés dits traditionnels

Au fil de mes recherches et explorations je m’interroge… qu’en est-il de l’Art tissé, et du tissé, en cette ère de mouvance virtuelle? — Au-delà de rarissimes expositions, cet univers artistique est peu visible dans l’espace identifié et dédié à l’Art Actuel – L’art tissé et du tissé sont-ils définitivement perçus comme désuets, “périmés”?, recyclables ? — Cette question m’interpelle profondément, alors qu’en toile de fond se tisse mon vif désir de contribuer/participer à la redécouverte/réinsertion d’oeuvres tissées contemporaines afin que l’Art tissé soit également présent et accessible, connu et reconnu, intégré et valorisé au sein des formes d’Art actuel – Cette possible réhabilitation porte tous les tisserand(e)s et créateurs d’’Art textile de tous les temps-mémoire